Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 19:51

 

Voilà donc que la France, avec l'aide de ses alliés européens et des Etats-Unis, a décidé de bombarder la Lybie "pour défendre la population lybienne". Donnez-moi le nom d'une guerre qui a amélioré le sort d'un peuple, et je postule à l'Armée. Et s'il vous plaît, restez objectifs : la Deuxième Guerre Mondiale n'a rien apporté de bien. Si vous me connaissez bien, vous savez combien je suis contre la guerre. Comme dit un slogan anarchiste : "La guerre ... les militaires la commandent, les gouvernement la décide, les populations EN CRÈVENT !" Ce serait déjà suffisamment pénible de voir des pseudos-démocrates jouer aux sauveurs humanitaires. Sarkozy, de loin le pire président qu'aura connu la France, n'a rien trouvé de mieux que de jouer à Rambo pour cacher toutes ses magouilles. Evidemment, tous les apôtres de l'ingérence humanitaire sont de sortie, tels BHL. Et on nous ressort tous les mêmes trucs du Kosovo, de l'Irak, ou autre. Ce qui serait bien, c'est qu'on ressorte la même chose pour Gaza. Mais non, je ne peux pas me résoudre à accepter un bombardement d'Israël, même si c'est un des Etats les plus dégueulasses de la planète. Alors, tout cela ne m'étonne pas, tout comme l'acceptation par tous les bourgeois et les donneurs de leçons droits-de-l'hommistes européens. Par contre, que dans la gauche de la gauche ou chez les "indépendants", on accepte cette décision, c'est absolument hallucinant et effroyable !

Je me suis donc levé hier matin d'un pied gauche très lourd. Je savais déjà que mon ex-pote Jean-Luc Mélenchon avait un peu accepté l'analyse droit-de-lhommiste de la situation, mais voir qu'il accepte les frappes et le renversement de Khadaffi par ces mêmes frappes, j'ai vraiment halluciné :

 

 


Voici ce que j'ai posté sur le mur de sa page FB suite à ces déclarations :
"M. Mélenchon, votre attitude sur la Lybie est très décevante. Vous ne semblez pas avoir appris la leçon qu'une intervention militaire aidera non pas le peuple lybien mais les puissances de l'argent et du pétrole. Une intervention apportera ...des souffrances et donnera aux impérialistes l'occasion de se reconstruire une "virginité démocratique" totalement hypocrite. Vous croyez que c'est une bonne décision parce que c'est l'ONU, mais vous semblez oublier que cette organisation est noyautée par les impérialistes. Vous feriez mieux d'écouter votre ami Hugo Chavez qui sait très bien, lui, que la guerre ne résout pas les problèmes et que, si les impérialistes gagnent, ils pourront faire le même coup au Vénézuéla et à toutes les révolutions d'Amérique Latine que vous aimez tellement. Jean Jaurès n'aurait pas eu votre position, M.Mélenchon. Vous êtes très décevant, et je pense qu'à ce rythme-là, je vais vous retirer mon soutien !"

Quelques heures plus tard, le Parti de Gauche a publié un communiqué sur la situation dont l'auteur est Raquel Garrido, d'origine chilienne. Le prétexte de l'ONU est totalement ridicule : C'est l'ONU qui est intervenue en Corée en 52 et en Irak en 91, et rien ne s'est amélioré dans ces régions du monde. De même, les Casques Bleus n'ont aucune utilité, si ce n'est participer à la colonisation de pays pauvres comme en Haïti. Bref, voici ce que j'ai répondu à ce communiqué :

"Hallucinant ... Dites Melle Garrido ... Pensez-vous que l'ONU devrait intervenir au Chili pour sauver les Mapuche ? Pensez-vous que l'ONU aurait dû intervenir en 73 contre Pinochet ? Vous qui êtes d'origine chilienne, vous devriez dire "Non", et pourtant les Mapuche souffrent depuis des décenies, et Pinochet était bien plus dangereux qu'un petit dictateur local comme Khadaffi ..."

Suite à toutes déclarations, je me suis accordé quelques heures de réflexion, mais je me suis rendu à l'évidence : Mélenchon n'est plus un politicien valable. Quand on est de gauche, on ne soutient aucune guerre. Jaurès, qui est tellement cité par Mélenchon, avait déclaré : "Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage." Je me suis donc désinscrit de toutes ses pages FB et comptes Twitter. Ce matin, j'ai pu constater que Nicolas Dupont-Aignan, de droite mais se disant indépendant et gaulliste, appuyait la décision de Nicolas Sarkozy, déclarant que "la France n'est grande que lorsqu'elle est indépendante". On croit rêver ... En attendant, c'est l'union sacrée autour des Droits de l'Homme.
Après le ridicule article de la LCR belge sur la position d'Hugo Chavez (qui a déclaré récemment qu'il n'était pas d'accord avec ce que faisait Khadaffi, mais qu'une intervention militaire serait une très mauvaise idée), l'évolution actuelle de la gauche européenne est très déprimante. Il faut relire ce que dit Jean Bricmont à ce sujet, mais aussi écouter Michel Collon :
En 10 ans, il y a eu nombre de crises du capitalisme : le 11 septembre, l'Irak, le réchauffement climatique, les retraites, la crise financière, entre autres. Pendant ces 10 ans, la gauche radicale a été incapable de proposer une alternative claire au capitalisme et à l'impérialisme. On pourrait même dire qu'elle a reculé quand on voit comment les acquis sociaux sont battus en brèche et comment la propagande réactionnaire gagne du terrain. Toutes les crises que nous avons vécues auraient dû donner les moyens à la gauche de s'unir et de proposer une alternative claire et lucide au capitalisme actuel : nationalisation/socialisation, autre répartition des richesses, plus grande modestie face aux enjeux géopolitiques, écologie sociale anti-capitaliste, etc ... Las ! La gauche est plus capable de se désunir pour des broutilles et de donner des leçons aux pays en développement via ses discours "laïques" et droits-de-lhommistes que de s'organiser autour de principes et de valeurs de modestie et de lucidité. Cela est extrêmement grave, car elle est indirectement complice des crimes de l'impérialisme. Après les déclarations de Mélenchon, un internaute faisait remarquer combien il était extrêment triste et déçu par cette position. Il faut croire que cette tristesse est à la mesure de la trahison de la gauche. Quand on voit la poussée des partis d'extrême-droite en Europe, on risque de payer tout cela très cher. Mélenchon disait qu'avec la convergence entre les partis "socialistes" et chrétiens-démocrates en Italie et en Allemagne, on risquait d'aller à la catastrophe politique. Il ne croyait pas si bien dire, mais il manquait d'honnêteté en oubliant que des partis comme le sien ne font qu'y participer.
Par Monsieur Y - Publié dans : Fuck the system - Communauté : Libre pensée politique
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